Aller vers la Personne du Christ…

Télécharger le texte au format PDF

Pour tenter de vivre au plus profond le mystère de Pâques, nous devons revenir sur la Personne du Christ.

Jésus, né de Marie, se dit « Fils de l’Homme et Fils de Dieu ».
Lui-même dira de Jean-Baptiste qu’il est le plus grand parmi les « Fils de la femme ».
Dans ce contexte évangélique le « Fils de la femme » (ou fille) est celui (celle) que nous sommes tous, nés de nos parents dans l’ordre animal.

Le « Fils de L’Homme » est celui qui est appelé à croître en chacun de nous à partir de la semence divine qui nous fonde en qualité « d’image » de Dieu, lourde de l’information qu’a toute semence, de porter en elle l’information de sa croissance et de son fruit.
Le mot « ressemblance » pour qualifier ce fruit n’est pas juste ; l’Homme (hommes et femmes) est appelé à la déification : « Vous êtes tous des Elohim »(Jean X) dit le Christ à ses apôtres, en reprenant le psaume (82,6).

Mais dans le collectif qu’est l’Humanité actuelle, cette semence peut rester longtemps stérile (apparemment tuée, comme Abel tué par Qaïn où comme Ya’acob fuyant son frère Esaü qui veut le tuer, ou comme bien d’autres y compris dans les mythes Grecs ou ailleurs).
Ceci pour dire que Jésus est né de la semence divine fondatrice de Marie, visitée et  fécondée de l’Esprit Saint.
En ce « Fils de l’Homme » (en réalité « Fils de l’Adam », l’Adam étant en termes bibliques l’humanité toute entière, hommes et femmes), en lui donc s’incarne le « Fils de Dieu » qui, dans le ventre de Marie, se revêt de notre « tunique de peau animale ».
Ce mystère nous est aujourd’hui devenu plus accessible, les physiciens nous disant qu’il n’existe aucune discontinuité entre la matière et l’esprit, ni entre l’esprit et la matière. 
Revêtu de notre « tunique de peau animale », le Christ ne prend pas la nature animale et on le voit constamment dans les Évangiles se dérober au milieu d’une foule, quittant sa tunique de peau quand il le veut.
À sa naissance, il passe à travers le corps de Marie – comme il traversera murs et portes plus tard – laissant vierge le corps de sa mère, nous raconte l’Évangile de Jacques.
Jésus vient au monde « pour accomplir la loi » (Matthieu, 17) à savoir les trois baptêmes: 

  • Baptême d’eau : donné par Jean dans le Jourdain, l’eau symbolisant celle de l’inconscient collectif du grand Adam, remplie de poissons symbolisant eux-mêmes les énergies animales qui dans un premier temps jouent à la place de l’Homme et que l’Homme doit nommer et maîtriser. 
  • Baptême du feu : Jésus prend en mains ces énergies devenues démons, qui se font maladies de toutes les personnes venues vers lui ; il les conduit sur l’autel de feu qu’est son propre cœur, où les énergies donnent leur information et font croître l’arbre de la connaissance (qui n’est pas celui « du bien et du mal », mais celui de l’accompli et du pas encore accompli).
  • Baptême du crâne, le Golgota : lorsque « tout est accompli », Jésus descend dans les plus grandes profondeurs de l’être, où là se joue ce dont je parlerai après avoir précisé ceci :

Lorsque Jésus est arrêté, son heure est venue – heure qu’il redoutait (Luc 12,50) – il ne se dérobe pas.

Il prend alors la place d’un prisonnier nommé Barabbas, ce qui signifie le « Fils du père ». Ce prisonnier symbolise l’humanité esclave de sa nature animale, qui ne pourra recouvrer ses normes ontologiques que si elle est délivrée de l’esclavage au Satan dans lequel son exil la maintient.
Là est la finalité même qu’il nous est donné de connaître de l’incarnation divine dans la personne du Christ.

Et Jésus meurt sur la croix

Au livre de l’exil (dit « de la chute ») Dieu dit au serpent (Satan) :
« une inimitié je place entre toi et Ishah, entre ta semence et sa semence, elle t’écrase la tête et toi tu lui écrases le talon » (Gn3, 15).
Et le jour historique est arrivé où la semence de Ishah – Jésus – descend dans les enfers de la matrice du crâne de l’Adam pour y écraser la semence diabolique du Satan. 
Pour se mesurer au Satan, le plus grand des anges avec Saint Michel, Satan, en sa qualité de Séraphin et Michel dans la gloire du chérubin, il faut avoir gravi toute la distance qui sépare la matière de l’esprit :

  • c’est à dire avoir remonté toute l’échelle angélique, ce qui se joue dans la matrice du feu, et être devenu son NOM
  • c’est à dire celui qui est propre à chacun et tous,
    UN en Yod- Hé- Wav –Hé /יהוה / JE SUIS, celui qui, en chacun, participe de l’éternité.

Cela veut dire que cette ultime descente dans la matrice du crâne et les événements qui vont suivre échappent à notre temps historique tout en lui appartenant aussi.
Mais si les patriarches du premier testament se sont accomplis avec tant d’autres, c’est grâce à cet écrasement historique accompli par Jésus, écrasement de la « semence du Satan », que cela s’est fait possible.
Mais la racine  shouf qui dit cet écrasement, dit aussi intégration. Jésus intègre ces dernières et plus hautes énergies du créé. 

Et Jésus fut seul pour cet ultime accomplissement.

« Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? »
S’était il écrié malgré que, plus que tous, il se savait UN avec le père !
Une lointaine comparaison peut nous éclairer :
 « Si un père ne lâche pas son petit de quelques vingt mois, ce dernier ne trouvera jamais sa verticalisation, ni la parole, ni la fonction de la marche ! »
Mais le Père est là ! 
En sa qualité de Fils de Dieu, UN avec le Père, Jésus savait cela.
Mais en celle de Fils de l’Homme, n’était-ce pas sa dernière fragilité ? Comme il est difficile de répondre !
Ce qui est certain, c’est que cet écrasement accompli, l’Homme (homme et femme), l’Adam, « autre côté de Dieu », féminin de Dieu dans cette même matrice du crâne, devenue dais nuptial, l’Adam s’avance vers son Dieu qui l’accueille en sa qualité royale d’épouse.

Et c’est la résurrection !

La Résurrection du Christ, mais aussi celle de l’humanité tout entière, inséparable de lui, Fils de l’Homme ! Et Épouse !

Aujourd’hui c’est dans le souffle de l’Esprit Saint que la fête de Pâques réunit les trois confessions du Livre. Et la parole divine s’écrit maintenant dans l’histoire.

Car si « Dieu s’est fait Homme c’est pour que l’Homme devienne Dieu ! »

Télécharger le texte au format PDF